L’Église Saint Sour

Bâtie au VIe siècle l’église abbatiale Saint-Sour, est un des joyaux de l’art religieux du Périgord.

Après six années de travaux, en septembre 2012, l’église Saint-Sour retrouve toute sa splendeur. Il faut avoir vu, côte à côte, l’évêque de Périgueux et Sarlat, Michel Mouisse, et le premier magistrat de la commune, Pierre Delmon, le jour de l’inauguration, pour mesurer et comprendre l’attachement des habitants à ce lieu. 

Il faut attendre le XIXe siècle et l’arrivée d’un curé ardent dans son esprit et fécond dans ses entreprises, l’abbé Pergot, pour que soit entrepris une restauration totale de l’église vandalisée par les guerres et presque laissée à l’abandon. L’abbé Pergot sera aidé dans son projet par l’abbé Chevals, architecte aussi, auquel on doit la restauration de Rocamadour, dans le Lot. La nouvelle église Saint-Sour sera consacrée le 21 mai 1889.

En 1906, les vestiges des bâtiments abbatiaux sont détruits. Au début des années 1950, les maisons encore situées à l’ouest sont à leur tour détruites et remplacées par les rampes d’escalier actuelles. On en profite pour dégager le portail gothique qui était masqué par un bâtiment, lui aussi démoli.

L’église, quoique remaniée, dans son ensemble, reflète un style propre au XVe siècle. Sa visite intérieure est nécessaire et salutaire. La grande porte d’entrée, sur la façade ouest est ornée de sculptures que les affres du temps et l’histoire ont partiellement détruites ; celles-ci représentent des guirlandes à jour, des fleurs et des fruits. Le clocher bénéficie d’une belle rosace et abrite quatre superbes cloches datant de la seconde moitié du XIXe siècle et provenant de la célèbre fonderie de Paintendre, à Turenne, en Corrèze.

L’intérieur est tout aussi éblouissant. C’est un ensemble à la fois somptueux et sobre. On est tout d’abord frappé par la luminosité du lieu. Celle-ci est due à l’utilisation d’une pierre  claire, mais aussi de nombreux vitraux et de six lustres monumentaux. Ces derniers ont été acquis lors d’une vente aux enchères à Paris, à l’initiative de Pierre Delmon. Ils proviennent de l’hôtel du Royal Monceau et ont été décorés par un célèbre architecte d’intérieur, Jacques Garcia. Œuvre d’une verrerie italienne, ils sont datés du XXe siècle. Ces lustres témoignent du renouveau de la ville de Terrasson, un peu à l’image des villes italiennes de la Renaissance.

Déambulant dans l’église, on remarquera l’ensemble de croix de consécration, sur 12 piliers, symbolisant les 12 apôtres ou les 12 tribus d’Israël. Aussi, un chemin de croix, datant du XIXe siècle, réalisé par Lucien Chovet, fabricant d’ornements parisien très réputé, qu’offrit l’Empereur Napoléon III à la Ville de Terrasson.

On peut s’installer sur les différents bancs afin de prendre le temps de regarder les nombreux vitraux. Ainsi, le vitrail central, situé dans le chœur, illustre l’histoire de Saint-Sour. Il est divisé en quatre parties ;celle du haut représente Saint-Sour méditant dans sa grotte ; au-dessous, le roi Gontran à genoux aux pieds du saint lui demande sa guérison ; dans la troisième partie, le roi Gontran dépose aux pieds de Saint-Sour les trésors découverts à la Roche-Libère. On appréciera enfin les célèbres colombes de la légende de Terra sunt.

Il faudra s’arrêter devant le vitrail qui rappelle et honore les différentes phases de la restauration de l’église faite par l’abbé Pergot. C’est, véritablement, le seul élément neuf de l’édifice. Deux autres vitraux méritent l’attention : le premier, à la chapelle sud représente la vie de François Mayaudon, né à Terrasson en 1739, béatifié par Jean-Paul II ; le second, figurant la congrégation des sœurs du sauveur qui avait fondé un couvent à Terrasson.

Abbé Pergot Auguste-Bernard (1811-1897) – Né à Preyssac (Lot). Après des études chez les Carmes à Cahors, puis à l’adoration de Mende, il rejoint le séminaire d’Agen. Il fut ordonné prêtre le 16 juin 1835 puis nommé à Sainte-Nathalène près de Sarlat. Il est nommé curé de Terrasson en 1838 et chanoine honoraire de Périgueux par Monseigneur Dabert. Outre la restauration de l’église, on lui doit de nombreux ouvrages hagiographiques sur Saint Front et Saint Vaast. Il est mort à Terrasson.