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Dans les entrailles de la terre

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Avec ses douze cluzeaux, abris énigmatiques, la ville ancienne présente une richesse inédite et exceptionnelle.

Ne nous méprenons point, l’homme a, bien avant le moine Sorus, su que cette position était avantageuse et même fructueuse. La Vézère, venue de la tourbière de Longéroux, sur le plateau de Millevaches, en Corrèze, aborde, à Terrasson-Lavilledieu, sa prestigieuse et même mythique odyssée et va trouver son apothéose avec la grotte de Lascaux, toute proche. Terrasson-Lavilledieu, c’est tout juste avant.

 

VOUS AVEZ DIT CLUZEAU ?

Un cluzeau, cluseau, ou cruzeau, est dans le nord de l'Aquitaine, le Limousin, le Périgord et dans le nord occitan, un abri caverne creusé dans le sol ou taillé dans une paroi rocheuse. Les cluzeaux sont des cavités artificielles, mais peuvent toutefois résulter de grottes en partie retaillées. Ce terme qui est inconnu en langue française peut être rapproché d’abri troglodytique, ou souterrain refuge, ou fort de falaise.
Ce sont des souterrains-refuges, aménagés sous le sol, parfois sous un bâtiment. Ils comportent un escalier étroit et une ou plusieurs chambres.
On peut distinguer des dispositifs de fermeture, des trous de visée,
des conduits, des chausse-trappes, des silos, des aménagements divers.

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Oui, de tous temps, le lieu fut un emplacement stratégique

Les savants prétendent que l’homme habitait sur les plateaux, ceux principalement de la rive droite, qui étreignent la cité actuelle depuis plus de cent mille ans. Oui, vous avez bien lu. Nous voici bien petit et maladroit devant les pièces, outils et silex de l’industrie acheuléo-moustérienne retrouvés, ou, encore, les abris reconnus et datant de l’époque magdalénienne. Ceux-ci se trouvant plutôt du côté de la rive gauche.

Il y a, peut-être cent mille ans, les hommes de Neandertal parcouraient les terrasses de la Vézère et les plateaux de Cublac. Ils ont le front bas, les arcades sourcilières épaisses, pas de menton, mais leur cerveau est aussi volumineux que le notre. On le sait, ils ont un langage élaboré et savent allumer le feu. Dans leur travail, ils nous abandonnent leurs outils, ceux-ci retrouvés dans les hameaux de Fondanger, La Rochette, Maury, Les Combettes.

Enfin, à l’époque néolithique, les hommes descendirent des collines et se rapprochèrent de la rivière. Sur les emplacements de huttes on a retrouvé de merveilleux silex qui attestent de cette histoire si lointaine, qui nous fait à la fois frissonner et rêver. On le sait, les abris de Jolivet et de Lachaud sont alors des emplacements de choix pour guetter le rêne qui s’embourbe dans les marécages.

Oui, de tous temps, le lieu fut un emplacement stratégique, pour passer la rivière, mais aussi y puiser les ressources d’une existence qui nous renvoie à la Guerre du feu, avec ses clichés qui entretiennent notre imaginaire d’éternel écolier.

L’âge du bronze voit se développer un habitat fortifié, en pierres sèches, uniquement sur les points culminants bordant la vallée. On pourra ainsi, à la Roche Libère, laisser notre toujours féconde fantaisie dessiner ces temps anciens ; de même, à la rencontre des dolmens de La Palein, de La Chassagne, de Buffovent, encore visibles ; et même, la dizaine d’excavations béantes, sur le rocher du Pouget, et qui furent habitées jusqu’au Moyen Âge.